L’interview du confinement

02.03.2021

Décembre et janvier ont été deux mois assez occupés avec du travail en studio et des captations numériques de certains spectacles de la compagnie. Cependant, nos danseurs se sont retrouvés plus isolés que d’habitude. Comment rester en forme physiquement et mentalement en confinement? Nous avons voulu en savoir plus sur leur quotidien, leurs routines, leurs activités.

Jean Bui, Jessica Muszynski, Paco Ziel, Amara Barner et Sydney McManus ont accepté de répondre à nos questions.

Jean Bui

En tant que professionnel de la danse, quelle est ta routine quotidienne pour rester en forme pendant la pandémie ?

Je n’ai aucunement été capable de m’entraîner, ni de danser. Mon bébé me tient occupé. Je dois dire que c’est un autre type d’entraînement ! J’effectue toutes mes tâches quotidiennes avec un bébé de 25 livres dans les bras !

Depuis le début de la crise sanitaire, as-tu découvert d’autres intérêts ou passe-temps qui te plaisent ?

Pas vraiment. Je prends mon temps et je redécouvre tous les aspects de la vie, aux côtés de mon petit.

Parallèlement à RUBBERBAND, es-tu impliqué dans d’autres projets artistiques ?

Sydney et moi avons un collectif nommé « jean & syd » et nous travaillons à présenter « 1, 2, maybe 3 » à La Chapelle en 2022. 

As-tu des anecdotes amusantes que tu aimerais partager pour nous faire sourire ?

L’autre jour, je me suis enfermé à l’extérieur de ma maison. Je me suis rapproché de la serrure et j’ai commencé à lui parler… parce que la communication est un “élément clé”!

Jessica Muszinski

En tant que professionnelle de la danse, quelle est ta routine quotidienne pour rester en forme pendant la pandémie ?

Les gens sont restés en forme ???? 😳😳😳😳

Depuis le début de la crise sanitaire, as-tu découvert d’autres intérêts ou passe-temps qui te plaisent ?

J’ai commencé un club d’écriture avec mes colocataires. Il a fallu un certain temps à chacun pour trouver le courage de partager son travail, mais cela a été absolument inspirant d’obtenir un aperçu de l’esprit de chaque personne et de voir leur cerveau créatif à l’œuvre. Chaque semaine, nous nous fixons des objectifs d’écriture, puis nous partageons ce que nous avons écrit, et nous nous donnons de la rétroaction mutuelle.

Parallèlement à RUBBERBAND, es-tu impliquée dans d’autres projets artistiques ?

Mon obsession actuelle est The Bulbe Collective. C’est ce à quoi j’aspire artistiquement.

Lorsque j’ai croisé quelques danseurs montréalais travaillant dans un studio du Plateau, je leur ai dit : « Si jamais vous avez besoin d’un autre corps, le mien est disponible ». À ma grande surprise, ils ont accepté mon offre et nous avons commencé à répéter ensemble. Deux semaines plus tard, nous avons décidé de créer The Bulbe Collective, né d’un besoin anxieux de faire quelque chose pendant une période autrement stagnante pour les artistes de la scène.

C’est fou, c’est comme un travail à plein temps, nous répétons, donnons des cours, suivons des cours, chorégraphions, planifions, établissons un budget, appliquons pour des opportunités chorégraphiques et des subventions, et nous nous amusons beaucoup. Plus qu’un simple collectif de danse, Bulbe est pour moi une sorte de groupe de responsabilisation afin de maintenir de saines habitudes artistiques, d’adopter des pratiques de leadership altruistes et d’entreprendre une exploration significative de l’artisanat.

Des anecdotes amusantes que tu aimerais partager pour nous faire sourire ?

Mes colocataires et moi fêtions l’un de nos anniversaires et, alors qu’on allumait les bougies sur le gâteau, les cheveux de ma colocataire ont pris feu ! J’ai crié d’horreur alors que tout le monde essayait d’éteindre les flammes. La colocataire dont les cheveux ont pris feu a fini par étouffer la flamme à mains nues. Sous le choc, elle a quitté la pièce visiblement bouleversée, après avoir ressenti la peur de voir ses cheveux partir en flammes, et une autre colocataire est allée la réconforter. Le reste d’entre nous sommes restés tétanisés, également sous le choc, nos visages rougis alors que la chanson Happy Birthday de Stevie Wonder résonnait dans toute la pièce. Après une minute de silence, Pierre a dit avec son audace habituelle : “Bon… On va quand même manger du gâteau ?”

Paco Ziel

En tant que professionnel de la danse, quelle est ta routine quotidienne pour rester en forme pendant la pandémie ?

Ma routine est de rester en bonne santé, c’est-à-dire allouer le temps nécessaire au maintien de mon intelligence, mon cœur, mon intuition et, bien sûr, mon corps. Je lis beaucoup en compagnie de Machi (mon chat). Je fais une séance d’entraînement quotidienne dans mon salon et elle varie selon ce que j’ai besoin de travailler (force physique, créativité, exploration, relaxation, etc.). La partie la plus difficile demeure toujours de commencer ces séances, mais une fois que je me reconnecte à ma force vitale, cela devient motivant.

Depuis le début de la crise sanitaire, as-tu découvert d’autres intérêts ou passe-temps qui te plaisent ?

Oui, après une période de pause complète, j’ai commencé à ravoir d’anciens intérêts et à m’en créer de nouveaux. En général, j’essaye toujours de développer différentes compétences artistiques mais ce qui est nouveau cette année, c’est que je suis prêt à trouver un style de vie qui me permette d’approfondir une carrière parallèle sans arrêter de danser. Et c’est ce que je trouve passionnant. C’est comme un nouveau chapitre qui s’ouvre. Le fait de se rapprocher de personnes qui partagent les mêmes intérêts est utile et inspirant.

Parallèlement à RUBBERBAND, es-tu impliqué dans d’autres projets artistiques ?

Oui, je travaille présentement à poser les fondations de ma propre compagnie de danse appelée Vías; un projet de vie que ma fiancée Diana Leon partage. J’ai l’honneur d’avoir obtenu une résidence grâce à Danse à la Carte, et je travaillerai avec Bernardo Alvarado, un merveilleux musicien que j’admire. Nous créerons une pièce qui se veut une expérience visuelle (corps) et sonore (instruments préhispaniques modifiés par les technologies numériques). J’ai hâte d’être à nouveau dans un studio !

As-tu des anecdotes amusantes que tu aimerais partager pour nous faire sourire ?

Je me demande ce que mes voisins pensent de ce que j’appelle une « séance d’entraînement ». Parfois, je me jette sur le sol, je crie, puis je chante, je ris et je joue de plusieurs instruments entre les deux, suivi d’une période d’entraînement cardio. J’adorerais être de l’autre côté du mur juste pour écouter la folie d’être un artiste piégé dans un salon (Tiens! C’est un bon titre pour une chanson).

Amara Barner

En tant que professionnelle de la danse, quelle est ta routine quotidienne pour rester en forme pendant la pandémie ?

Heureusement, j’ai un studio à la maison ! Je vis dans un loft spacieux avec mon partenaire. Tous les jours, j’essaie de m’étirer, de faire des exercices de physiothérapie pour des blessures passées, d’improviser et de danser pour le plaisir. Je prends des cours en ligne sur Zoom et j’y ai également enseigné quelques cours de danse. J’aime aussi faire des promenades sur le Mont-Royal.

Depuis le début de la crise sanitaire, as-tu découvert d’autres intérêts ou passe-temps qui te plaisent ?

Pendant la Covid, mon ami Teddy Tedholm a lancé un magazine de danse en ligne appelé DANCEGEIST. J’ai écrit trois articles pour le magazine, « The Dangers of Umbrella Terms », « Dancing to Heal » et « Duality in the Creative Workplace », qui est à paraître en mars.

La crise sanitaire m’a également donné le temps de travailler davantage sur mon artisanat et ma petite entreprise. Je fabrique à la main des macramés et des capteurs de rêves sous diverses formes. Ma compagnie s’appelle Amarantha : Witchcrafts et ma mission est d’apporter le bien-être spirituel dans la vie quotidienne grâce à la décoration intérieure et l’ésotérisme éthérée. On peut aussi me trouver sur Instagram. J’ai été sélectionné pour vendre mon artisanat au marché et festival local « Puces Pop » par POPmontreal en septembre 2020.

Parallèlement à RUBBERBAND, es-tu impliquée dans d’autres projets artistiques ?

J’ai dansé dans un clip pour le groupe canadien OVERWERK, ainsi que dans un clip pour La Force qui sera diffusé lors de la Journée internationale de la femme 2021 en association avec Summer Stage à New York. J’ai également dansé dans la pièce d’Elon Hoglund (Tentacle Tribe) pour le Festival Quartiers Danse 2020. J’ai enseigné mes classes sur le mouvement de chakra et de méditation pour les sessions hivernales de Create & Connect de Mark Caserta. Je continue également à diriger mon entreprise artisanale. J’ai joué deux fois pour « isol-art », une soirée de performances d’artistes diffusés en direct à partir de chez les artistes.

Je viens d’être acceptée à l’Université Concordia pour leur majeure Fibres et pratiques matérielles dans le département des Beaux-Arts. Enfin, je participerai en mars à une recherche sur le mouvement lors d’une résidence à Circuit Est, pour la chorégraphe locale Kyana Lyane.

Sydney McManus

En tant que professionnelle de la danse, quelle est ta routine quotidienne pour rester en forme pendant la pandémie ?

Ma routine quotidienne consiste principalement à danser seule dans ma cuisine, à faire beaucoup de yoga et du patin à glace pendant ces mois d’hiver !

Depuis le début de la crise sanitaire, as-tu découvert d’autres intérêts ou passe-temps qui te plaisent ?

Pendant cette période, j’ai commencé à pratiquer le tatouage. Ça m’a toujours fasciné, mais je n’ai jamais eu le temps ni les ressources pour que cela se concrétise. Cela a été une belle façon de se rapprocher des gens (de façon sécuritaire) et j’espère en développer davantage la pratique. J’ai également pu entreprendre plus de projets de dessin et d’art visuel, ce qui a été très amusant à explorer ! Comme faire des illustrations personnalisées pour les cartes de RUBBERBAND. 😊 

Parallèlement à RUBBERBAND, es-tu impliquée dans d’autres projets artistiques ?

Jean (Bui) et moi continuons ensemble avec notre collectif ! Nous avons la chance de travailler avec LA SERRE – arts vivants dans leur programme de production déléguée. Ils nous ont soutenu tout au long des phases de création et de production de notre projet « 1, 2, maybe 3 ». Au cours des derniers mois, nous avons eu la chance de participer à des résidences au Studio 303, au Théâtre Aux Ecuries, et ce mois-ci au CCOV.

Crédits photos : 1. Jean Bui ©M-S Blanchet 2. Jessica Muszynski ©Isabel Cruz 3. Machi, Paco’s Cat ©Paco Ziel
4. Amara Barner ©Amara Barner 5. 1, 2, maybe 3 ©Chloé Baril-Chassé

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